CORRIE NIELSEN : The british Touch

Corrie Nielson Illustration "The Single Girl" SS15 - Photo©MSW

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« Quel intérêt d’emprunter le même chemin que les autres ? Aucun ! Si tout le monde va dans la même direction, ce sera dramatique ! »

– Corrie Nielsen –


« Lorsque j’étais enfant, aux USA, je ne cessais de rêver d’embarquer dans des avions pour aller visiter d’autres pays. Dans le jardin, je pouvais rester allongée des heures entières sur l’herbe à les regarder fondre le ciel, laissant leurs trainées blanches derrière eux. Je m’imaginais à l’intérieur, je rêvais de voyages vers l’Europe, d’aller en France, en Allemagne, en Angleterre… ».

D’un air nostalgique et le regard brillant, c’est ainsi que parle Corrie Nielsen de son enfance, de ses rêves de voyage qui ne l’ont jamais quittée…

La presse mode, peu commode et souvent capricieuse, l’accueille aujourd’hui avec enthousiasme, invitant volontiers son univers dans les pages glacées de ses éditos. On retrouve donc ses collections dans les Magazines comme Vogue, Elle, L’officiel, Marie Claire, FW, Idol, Glint, Fault, Lash ou encore Blind, ProFashion, Vsya Evropa, Woman, Exalt, Stiletto… pour ne citer qu’eux. Son univers est étrange, décalé, mais basé sur des formes bien réfléchies et savamment construites. On la dit excentrique, allant jusqu’à la qualifier de nouvelle reine de l’extravagance en comparant ses créations à celles de Jean Paul Gaultier, Alexander McQueen, ou encore John Galliano… Même si la comparaison est flatteuse, surtout avec de tels designers de mode, Corrie Nielsen n’aime pas être mise dans des cases. Elle préfère affirmer son style et tracer son propre chemin.

Lauréate du concours britannique des jeunes talents « Fashion Fringe », assistante de Vivienne Westwood pendant six ans, cette Américaine dont ses rêves de voyage se sont réalisés, a choisi, en 2011, de fonder sa propre Maison à Londres. Cependant, depuis quelque temps, son regard se tourne vers la capitale française, car pour Corrie, Paris a été et reste toujours la ville lumière, citadelle de la création.

CORRIE NIELSEN Fashion press : ELLE / Schaufenster Magazine / FSHN / Brides Magazine / FAULT / LASH / Vsya Evropa Magazine / ... - All Rights Reserved

CORRIE NIELSEN Fashion press : ELLE / SCHAUFENSTER / FSHN / BRIDES / FAULT / LASH / VSYA EVROPA Magazine … – All Rights Reserved


À quand remonte votre passion pour la mode ?

J’ai toujours admiré ma mère, elle était couturière mais surtout une femme qui aimait s’habiller. Elle avait du style, ses vêtements me faisaient rêver… J’avais neuf ans lorsque ma grand-mère m’a apporté un magazine de mode canadien, je me souviens m’être plongée dedans. Ça a suscité tout de suite mon intérêt. Plus tard, lors de mes onze ans, mon père m’a offert ma première machine à coudre, et là… c’est là que j’ai commencé à fabriquer des modèles de mon cru…

Vous avez quitté la Floride pour vous installer à Londres où vous avez fait vos études à la Central Saint Martin’s. Quels souvenirs gardez-vous de cette école ?

Mes souvenirs de cette école, c’est avant tout les souvenirs de mes professeurs qui m’ont tant encouragée. Ils m’ont offert des connaissances techniques, mais surtout, cet esprit d’ouverture qui est indispensable quand on décide de faire de la mode son métier et son univers. Cette curiosité envers tout ce qui se passe dans le monde est fondamentale pour la création. C’est quelque chose qui m’a poussé à faire ce que je fais, à m’affirmer, c’était un vrai cadeau.

Dans votre quête, quels sont les designers qui vous ont le plus influencé ?

Si je regarde en arrière, je pense peut-être à Thierry Mugler, à Jean-Paul Gaultier avec son imagination débordante, sa vision creative qui dépasse la couture et fait perdurer sa Maison. Toute cette pléiade des designers des années 80-90 qui ont réussi à changer notre rapport au vêtement. Grâce à eux, les gens ont commencé à faire plus attention à ce qu’ils portaient et à s’exprimer d’avantage à travers leur style vestimentaire. Sinon, Christian Dior de l’époque des années 40-50. Madeleine Vionnet pour ses coupes et ses drapés… Vivienne Westwood, of course !

Mais je vous dirais franchement : je préfère ne pas trop m’attarder sur ce que font les autres, même si ce sont des génies de la création et de la coupe, car ça laisse plus de place à ma propre vision et me permet de créer à mon tour des choses qui ne ressemblent pas à ce que font les autres. J’aime expérimenter, aller vers l’inconnu, produire de l’inédit, de l’exclusif.

CORRIE NIELSEN - PFW Ready to Wear Fall Winter 14/15 - ©MSW

CORRIE NIELSEN – Paris Fashion Week Ready to Wear Fall Winter 14/15 – « Berceau de l’humanité » – ©MSW

Justement, quel est votre chemin d’inspiration, où puisez vous ce dont vous avez besoin pour vos créations ?

Ça se présente comme ça, cela peut être des personnes avec une forte personnalité, une exposition, un film, des œuvres littéraires… Ma dernière collection, par exemple, a été inspirée par le roman « Dracula » de Bram Stoker et le film éponyme de Coppola avec Gary Oldman et Winona Rider. Je trouve aussi l’inspiration dans l’histoire, dans l’architecture. On ne peut pas avancer si on oublie le passé.

Pendant six ans vous avez travaillé en étroite collaboration avec Vivienne Westwood, faisant partie de cette grande Maison Britanique avant gardiste. Que vous a apporté une telle expérience ?

Cette expérience a vraiment été capitale pour moi. Vivienne Westwood est un vrai génie. Elle a son propre univers et elle est à fond dedans. Son design n’est pas quelque chose qu’on met sur papier, mais quelque chose de cérébral, de conceptuel. Elle s’inspire beaucoup de Madeleine Vionnet et d’autres créateurs de l’époque, mais elle réussit à développer sa propre vision, très moderne, très avancée. La regardant travailler, j’ai appris des astuces techniques qu’aucune école  n’offre. Sa façon de voir les choses, sa façon de concevoir le vêtement, sa façon de couper et de travailler les volumes… tout cela m’a donné la possibilité de construire les vêtements en 3D.

Corrie Nielsen & John Galliano - "Fashion Fringe" - All Rights Reserved

Corrie Nielsen & John Galliano – « Fashion Fringe » – All Rights Reserved

En 2010 vous avez remporté le concours « Fashion Fringe » et reçu le Prix des mains mêmes de John Galliano… Quel impact ce Prix a-t-il eu sur votre carrière ?

Oui, John Galliano m’a choisie pour ce Prix et cela m’a ouvert une porte supplémentaire, « LA » porte dans l’industrie de la mode. Mais ce qui est important c’est que tout a commencé par la simple suggestion d’un ami de m’inscrire et de participer à ce concours. J’imaginais assez vaguement la finalité de cette entreprise mais il se trouve que j’ai franchi les étapes les unes après les autres et j’ai fini par remporter le Prix. C’était un moment très fort, et tout à coup l’occasion de démarrer mon propre business. Mais attention, suite à ça on ne devient pas « la star » pour autant. On ne fait que démarrer et cela reste une épreuve pour mener son business au bout.

Vous avez donc fondé votre Maison à Londres en 2011. Quelles ont été les difficultés de vous lancer en solo ?

Ce n’est pas si facile de commencer quelque chose quand on n’est pas suffisamment connu dans le milieu, et surtout lorsqu’on ne fait pas les petites robes imprimées qui font le bonheur du commerce… Quel intérêt d’emprunter le même chemin que les autres ? Aucun ! Si tout le monde va dans la même direction, ce sera dramatique !

L’autre difficulté, c’est de garder les personnes qui travaillent avec vous. Vous savez, aujourd’hui les gens ont l’esprit beaucoup plus indépendant, ils vont et viennent, ils ne sont que de passage, et quand ça devient plus ou moins compliqué, ils préfèrent partir ailleurs. C’est comme ça. Ils peuvent même vous lâcher au dernier moment… avant un défilé ! J’avoue, j’ai eu quelques désillusions. Mais j’ai décidé de persévérer.

Vous avez défilé à Paris lors de la dernière Fashion Week prêt-à-porter pour la saison Automne Hiver 2014-2015. Quelles ont été vos impressions de ce premier Fashion Show parisien ?

Mon Dieu, c’était incroyable ! J’étais très heureuse, même si c’était ô combien stressant ! Mais c’est normal, c’était mon premier défilé à Paris. On se dit toujours que pour le prochain on ne commettra pas les mêmes erreurs ! (rires)

CORRIE NIELSEN - PFW Ready to Wear Fall Winter 14/15 - ©MSW

CORRIE NIELSEN – PFW Ready to Wear Fall Winter 14/15 – ©MSW

Quelles erreurs, Corrie ? De quoi s’agit-il exactement ?

Caméramans, paparazzi… J’avais l’impression de ne plus rien contrôler… C’était vraiment une nouvelle expérience car à Londres les choses se passent différemment. Il y a très peu de photographes en backstage, contrairement à Paris où ils se bousculent car ils sont autorisés à shooter en coulisses. Même avant le show ! À un moment donné je me suis demandé : mais que se passe-t-il ?! Je me suis sentie un peu prisonnière de ces objectifs… Un peu agressée même ! Puis, photographier les modèles pendant qu’elles se déshabillent, franchement, ça ne le fait pas ! Mais apparemment cela fait aussi partie du show à Paris…

Toute cette agitation en coulisses a dû vous stresser encore plus !

Absolument ! Sachant que je suis quelqu’un de timide. J’avais beaucoup de mal à me concentrer. En fait, c’est très déconcertant, déstabilisant… Pour les modèles et pour le staff (coiffeurs, maquilleurs, habilleurs…) cela ne doit pas être drôle non plus ! J’ai donc dit à Alexandre (Alexandre Boulais, l’attaché de presse de Corrie – ndlr) que la prochaine fois, il faudrait avoir moins de photographes. Et Alexandre m’a répondu : Tu rigoles ? Il est possible qu’il y en est bien plus ! (rires)

La presse française a été très enthousiaste concernant votre dernière collection…

Oui, c’est vrai. J’ai eu beaucoup de retours très positifs sur cette collection, mais il faut se dire que quand c’est comme ça, cette même presse attend encore plus de vous pour votre prochaine présentation. Sa réaction fait plaisir, certes, mais ça vous met aussi une certaine pression.

Et quelle sera l’étape suivante ?

La prochaine étape, ce sera de développer mon business en France, car pour l’instant je suis basée à Londres… et en France, ma marque n’est même pas encore enregistrée. Je ne devrais peut-être pas le dire ! (rires) Bref, ce sera une grande transition de Londres à Paris. Dans l’idéal, je voudrai également me lancer dans la création de maroquinerie et de vêtements pour homme.

Excellente idée ! Les hommes seront sans aucun doute très curieux et enthousiastes d’avoir accès à votre univers. Sinon, concernant votre fabrication, le façonnage de vos vêtements, où cela se localise-t-il ?

Tout est fait en Angleterre. C’est très important pour moi, car je tiens à entretenir le savoir-faire artisanal, dont l’Angleterre, au même titre que la France, a une tradition, car il est en train de disparaître. Beaucoup de jeunes designers font fabriquer leurs collections en Chine, ça coûte moins cher. Mais ce n’est pas du tout la même chose et bien sûr, aucunement la même qualité. Pour préserver le savoir-faire et l’artisanat de la couture britannique, nous avons le même système qu’en France (comme la Chambre Syndicale) qui encourage les jeunes créateurs à confectionner leurs collections sur le sol anglais.

Parlez-nous un peu de votre technique.

Je travaille mes modèles selon le principe de la 3D. Ce qui veut dire que l’on a l’impression que j’utilise beaucoup de matière sur les pièces volumineuses comme celle-ci (Corrie montre l’une des pièces phares de sa dernière collection), alors qu’il n’y a pas tellement de matière, c’est juste le volume qui est travaillé d’une certaine façon. J’adore essayer les nouvelles techniques, je suis ouverte à l’expérimentation. Je pense que c’est ça le vrai rôle d’un Créateur de Mode et le vrai but du design. Sinon, on tourne en rond et au lieu d’inventer quelque chose de nouveau, on ne fait que reproduire ce qui existe.

Vous présentez vos collections dans le cadre de la Semaine du Prêt-à-Porter, mais on dirait que ce que vous faites s’apparente d’avantage à de la couture…

Oui, on me fait souvent cette réflexion ! Il y a peut-être ce côté expérimental de mes vêtements qui sème un certain doute. Mais il suffit que quelqu’un les enfile, et on voit tout de suite que c’est tout à fait portable ! Sur les femmes comme sur les hommes !

Sur les hommes, vraiment ?

Oui, vous savez, certaines pièces de mes collections Femme sont volontairement mixtes, et les hommes peuvent très bien les porter également ! D’ailleurs, j’ai toujours aimé cette tradition des hommes écossais de porter le kilt, je trouve que ça leur donne une sacrée allure. (rires)

On ne peut pas s’empêcher de penser à Jean Paul Gaultier portant le Kilt dans les 90’s et à ses jupes pour homme qu’il a aussi lancé…

Oui c’est vrai ! Je compte bien un jour lancer une ligne homme comme je l’ai déjà dit. L’une de mes précédentes collections était inspirée par « Le Portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde. Il y avait déjà quelques pièces qui reprenaient le costume pour homme de l’époque et que j’ai « féminisé » en les adaptant à la silhouette féminine. J’aurai en fait très bien pu faire une collection homme à l’époque !

CORRIE NIELSEN - PFW Ready to Wear Fall Winter 14/15 - ©Anita Leung

CORRIE NIELSEN – PFW Ready to Wear Fall Winter 14/15 – ©Anita Leung

La silhouette de votre dernière collection « Berceau de l’humanité », au niveau de sa construction, de la forme des épaules, quasi « paddings », et « la taille de guêpe », nous renvoie un peu vers les nineties…

Ce qui me plaisait dans cette époque, c’est que les créateurs avaient leurs propre vision et osaient l’exprimer. La création ne souffrait pas encore du commercial, enfin, pas autant qu’aujourd’hui. Actuellement, les créateurs sont un peu plus coincés par l’industrie, tandis que les gens n’attendent qu’une chose : une vraie surprise de leur part. Quelque chose de différent. Quelque chose d’excitant.

Où peut-on vous trouver ? Avez-vous des points de distribution à l’étranger ? 

Oui, il y en a quelques uns : en Russie par exemple, au Quatar, en Belgique…

Et en Grande Bretagne j’imagine ?

La Grande Bretagne, c’est un peu plus difficile, car ce que je fais ne rentre pas dans le moule et, par conséquent, n’est pas ce qu’il y a de plus « commercial ». Les buyers anglais préfèrent acheter des petites robes imprimées, quelque chose de facile à porter. Le marché britannique, tout comme le marché français, est quelque chose qu’il faut conquérir, et cela prend du temps.

Il faut donc adapter ses créations à la demande du marché ? Mais dans ce cas-là, comment ne pas trahir son propre style ?

Écoutez, en principe on peut toujours partir de la pièce forte de sa collection et la décliner selon les goûts de la clientèle. Rajouter des nouveaux éléments, ajuster, changer un peu la coupe, les couleurs… C’est ce qu’on appelle « commercialiser » cette même pièce.

D ‘après vous, y-a-t-il encore des créateurs qui suivent véritablement leur inspiration sans forcément penser à rejoindre, d’une manière ou d’une autre, l’aspect commercial ?

Je pense qu’on peut se le permettre lorsqu’on a déjà bâti son nom, acquis une notoriété nécessaire pour pouvoir s’amuser. Dans ce cas, le nom travaille pour vous. Mais si ce n’est pas le cas, c’est assez difficile. Il faut tout commencer à zéro : non seulement créer son nom, mais l’imposer, promouvoir, prouver de saison en saison que vous valez quelque chose, que l’on peut durer dans le temps. Ce n’est jamais instantané, c’est un long chemin et ça prend du temps.

Venant de Londres, comment trouvez vous le style vestimentaire des Français ?

Je trouve qu’en France les gens s’habillent plus chic qu’ailleurs. Rien à voir avec une grande partie de la population londonienne, où franchement, on voit souvent des horreurs. Surtout le soir, durant les week-ends, quand les gens sortent en boîte. Les filles mettent des vêtements trop moulants et trop courts qui ne les mettent pas forcément en valeur ! (rires) Les français ont tendance à être un peu plus sophistiqués… Beaucoup plus sophistiqués, d’après moi ! Ils sentent ce qui leur va et ce qui ne leur va pas.

Et la mode actuelle, qu’en pensez-vous ?

Triste à dire, mais la mode d’aujourd’hui est en train de perdre son essence. Je pense que la globalisation et la consommation de masse l’ont pas mal détruite. Il n’y a plus beaucoup de créateurs qui continuent à résister au système, à proposer quelque chose d’innovant. Parmi les anciens, Jean-Paul Gaultier, Alaia… Parmi les actuels jeunes créateurs, j’aime bien ce que fait Serkan Cura. Je trouve très intéressantes les créations de Dice Kayek, j’aime sa façon de travailler les volumes. Oui, il y en a quelques uns. Heureusement ! (rires) J’aimerai bien faire partie de ces créateurs qui apportent quelque chose de nouveau. Je pense que tout designer de mode a quelque chose à offrir. Si on ne peut changer le monde, on peut au moins changer la façon dont les gens s’habillent, non ?

Absolument ! Maintenant, sans vouloir dévoiler les secrets de votre prochain défilé parisien, pouvez-vous nous donner un avant-goût de votre nouvelle collection ?

Elle s’appellera « The single girl » en référence à un mouvement dans les années soixante… Franchement, en parler c’est bien, mais je préfère que vous la voyiez vous-même… Cette collection compte beaucoup pour moi. Je dirais même, énormément ! Je la dédie à ma mère que je viens de perdre… Mes quelques amis qui l’ont vue m’ont dit que c’est probablement la meilleure que j’ai pu faire jusqu’à maintenant. Mais on ne peut jamais dire à l’ avance ce que cela donnera véritablement tant qu’on ne l’a pas présentée. J’espère seulement que mes amis auront un minimum raison et qu’à l’inverse on ne va pas me jeter des tomates à la figure ! (rires)

CORRIE NIELSEN - "The Single Girl" - Exclusivity Sketches for BORN IN fashion from the Spring Summer 2015 collection

CORRIE NIELSEN – « The Single Girl » – Exclusive Sketches for BORN IN fashion from the Spring Summer 2015 collection


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