« Jeu d’ambivalences » pour la saison Haute Couture AH 2014/15

Haute Couture Paris Fall Winter 2014/15   -   All Rights Reserved

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Si l’on résumait en deux mots la dernière Fashion week Haute Couture parisienne, on parlerait de « jeu d’ambivalences », car c’est exactement l’ambivalence que l’on a ressenti dans l’ambiance générale des défilés, autant dans le style que les thématiques et les formes de présentation des collections.

Les modèles prêt-à-porter se sont mêlés aux pièces Haute Couture, la tradition s’est défaite de ses chaines pour frôler la modernité, les silhouettes graciles et ingénues se sont éveillées pour mieux flirter avec la sensualité et le sex appeal. Quant au minimalisme, avec ses coupes nettes sans fioritures au tombé étudié avec précision, il s’est retrouvé à danser la valse avec l’extravagance du baroque. Enfin, les femmes au masculin et les hommes au féminin ont fait glisser leurs pas communément sur les podiums. Au final, ce qui a pu nous paraître contradictoire sur le moment a pris harmonieusement forme et l’ambivalence qui flottait dans l’air s’est révélée tout à coup être un fil conducteur bien logique.

Oui, il y a eu de tout, cela a été un bouillonnement autant qu’un chamboulement au sein du microcosme mode. Nous avons assisté à l’annonce de grands départs mais aussi à la surprise de grands retours. Il y a eu des hommages à une certaine folie créatrice qui régnait encore dans les 90’s comme à l’élégance surannée du XVIIIème siècle réadaptée et remise au goût du jour. Les goules et les vampires se sont invités à la fête autour d’un grand bal d’influences diverses allant de la littérature fantastique aux oeuvres cinématographiques et télévisuelles. Mais tout cela a débuté par une nouvelle qui a remué la Planète Mode : celle du départ de Monsieur Didier Grumbach qui quitte son poste de Président de la Fédération Française de la Couture, remettant les clefs de l’institution à Monsieur Ralph Tolédano, actuel Président de la division mode du groupe PUIG et aussi président de la Chambre Syndicale du Prêt-à-Porter des Couturiers et des Créateurs de Mode, qui prendrait ses fonctions au mois de septembre prochain. Un vent nouveau aurait-il soufflé lors de cette Fashion week, cru 2014, et sur l’univers bien établi de la Haute Couture parisienne ? Assisterait-on aux prémices d’une nouvelle gouvernance et d’un début de révolution ?

En tout cas ce grand départ a été accompagné par le retour sur les podiums de créateurs de talent, tels Fred Sathal, Stéphanie Coudert ou encore Eymeric François, après plusieurs années d’absence et de choix artistiques autres, sans jamais avoir vraiment quitté l’univers du vêtement.

En attendant, la famille Haute Couture s’agrandit, puisque pour cette saison, il y a eu des nouveaux arrivants – membres invités – figurant sur le calendrier officiel des défilés : les Maisons françaises Dice Kayek, Fred Sathal et Stéphanie Coudert. Le duo de Tamara Ralph et Michael Russo (déjà invités la saison dernière) ont quant a eux confirmé avec leur Maison Ralph & Russo, lors de leur second défilé, être la première Maison Britannique à apparaître dans le Calendrier Officiel de la Haute Couture, en tant que membre invité. La marque, fondée en 2007 et déjà connue par les habitués des Red Carpets, a présenté une collection de 35 pièces proposant des formes volumineuses, associées à la broderie sur des matières nobles (crêpe de soie, gazar, organza ou encore la mousseline) réalisées par 80 couturières dans leurs ateliers parisiens et londoniens. Ece Ege, la créatrice de la Maison Dice Kayek, a conçu sa collection autour d’une fleur, en superposant les volants en forme de pétales tout en veillant à préserver l’équilibre entre les volumes et la légèreté des modèles. Cela a donné une mini-collection de 15 pièces aux couleurs prononcées et très réussie.

Fred Sathal - Ralph & Russo - Stéphanie Coudert - Dice Kayek  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Fred Sathal – Ralph & Russo – Stéphanie Coudert – Dice Kayek – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

Cela vient peut-être de notre époque qui subit crises et conflits en touts genres, mais la thématique qui a réuni plusieurs collections durant cette semaine de la Haute Couture, étaitles vampires ! Oui, tout à fait, l’esprit draculo-vampirique, en commençant par le grand Vlad Dracula de Bram Stocker, est dans l’air du temps dirait-on ? L’atmosphère particulière actuelle, la crispation due à la rencontre de l’impossible et le rejet de ces temps, qui pour beaucoup sont incertains avec une crise économique qui se poursuit, auraient-ils donné des envies de faire couler le sang à nos créateurs de mode, ou au contraire, ces derniers chercherait-ils à s’évader dans le fantastique ? En tout cas les inspirations ne manquent pas. Jean Paul Gaultier nous a convié au « Bal des Vampires » pour une collection entre douce poésie et rébellion, en passant par une nostalgie signée années 1990. Sa B.O. de défilé au son de Depeche Mode et ses « banana pants » sur le podium en étaient la preuve. Quant à ses vampiresses, elles sortaient directement des années Palace.

Julien Fournié, lui, nous a accueilli à l’Oratoire du Louvre où il a plongé son public dans l’ambiance Dracula avec une influence asiatique. Il a présenté, à travers sa nouvelle collection, une muse qui vit la transmutation d’une jeune fille fragile en une beauté fatale, une nymphe qui se mue en un papillon qui vole vers l’obscurité, celle de la luxure et la sensualité, une femme dont le seul regard subjugue et envoute pour mieux griser.

La vamp d’Eymeric François est tout droit sortie des 50’s avec une allure de Pin Up, aux rondeurs sulfureuses et la bouche enjôleuse teinté d’un rouge éclatant, prête à séduire. Elle est objet de fascination, vêtue de tailleurs pantalons, de robes ajustées qui moulent le corps tout en jouant avec la transparence pour mieux captiver le regard.

Entre fantastique et merveilleux, les influences viendraient autant de la littérature classique romantico-fantastique gothique – avec des auteurs comme Hoffmann et ses contes, Théophile Gaultier et « La morte amoureuse », Bram Stocker avec le grand chef d’oeuvre « Dracula » – que par des sagas et récits où les personnages sont plongés dans un monde qui nous ressemble avec les héros d’Anne Rice ou Stephenie Meyer portés à l’écran (« Entretien avec un vampire » et « Twilight ») ou encore les séries télé telles « Vampire diaries » et « True blood », cette dernière étant un peu plus sanguinolente mais sulfureuse. On sait en tout cas que le sujet est à la mode puisque de très bonnes séries ont vu le jour récemment, notamment avec le « Dracula » joué par Jonhatan Rhys-Meyers ou encore « Penny Dreadful » avec les acteurs Timothy Dalton et Eva Green. Séries télé qui n’ont pas du manquer d’inspirer également nos couturiers.

JeanPaul Gaultier - Eymeric François - Julien Fournié  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Jean Paul Gaultier – Eymeric François – Julien Fournié – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

La façon de présenter les collections à elle aussi évolué. Le défilé de la maison Chanel, par exemple, dirigé par l’infatigable Karl Lagerfeld, s’est déroulé dans un cadre plutôt sobre (en comparaison de la performance du supermarché stylisé et recréé au sein du Grand Palais, dont tout le monde se souvient) ressemblant plutôt à un intérieur minimaliste conçu par l’architecte Le Corbusier et dans lequel Karl n’a pas pu s’empêcher d’injecter un peu de Rococo. À l’extrémité du podium immaculé, tenait place une cheminée en état de marche et au-dessus de laquelle on pouvait apercevoir un miroir ancien dans un cadre doré. Un joyeux mélange entre le purisme de Le Corbusier et la décoration baroque de Versailles.

Stéphane Rolland, lui, a décidé cette fois de renoncer au défilé traditionnel, préférant la projection d’un court métrage cinématographique, s’éloignant des simples clips mode déjà utilisés, pour présenter sa collection. Son héroïne prend les traits du top-modèle Nieves Alvarez, vêtue des pièces phares de la nouvelle collection, qui coure, s’échappe et glisse dans le décor d’un Paris romanesque. Elle est la femme muse que l’on touche du doigt mais dont on ne sait si l’on peut l’atteindre. Cela dans un film au contexte hautement artistique. Depuis longtemps déjà, Stéphane envisageait une façon alternative de présenter ses créations, et il a réussi son essaie puisque son public a été totalement séduit.

Jean Paul Gaultier - Fred Sathal - Serkan Cura  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Jean Paul Gaultier – Fred Sathal – Serkan Cura – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

L’autre surprise de cette Fashion week Haute Couture parisienne, a été l’invitation, au sein des défilés féminins, des représentants de la gent masculine. Le gagnant du concours de l’Eurovision 2014, l’autrichien Conchita Wurst, dans le rôle de l’invité d’honneur du podium chez Jean Paul Gaultier, a battu tous les records de buzz en enflammant la toile, qui soit dit en passant, a failli éclipser la collection elle-même. Mais il n’y a pas que Conchita qui a réussi à pimenter le catwalk. Dans les shows de Fred Sathal et Serkan Cura, on a vu se prêter au jeu d’une silhouette féminine, le jeune Alex Wetter, dont le visage est apparu sur de nombreuses couvertures de la presse mode grand public et alternative. Pour Alexis Mabille le choix du point de départ de sa collection était une silhouette masculine. Il s’est basé sur la fameuse citation de la romancière américaine Susan Sontag : « Le plus beau chez une femme féminine c’est un peu de masculinité ».

Les tentatives de moderniser la bonne vieille Haute Couture ont trouvé leur expression dans le désir de fondre des pièces prêt-à-porter au sein des défilés Couture. Julien Fournié a intégré, et de façon très subtile, 6 silhouettes de sa prochaine collection prêt-à-porter dans son show. Alexandre Vauthier a mixé les modèles de jour, faciles à porter, avec des tenues du soir. Giambattista Valli a associé des tops quasi casual à col Claudine avec des jupes longues en tulle très habillées. Quant aux créatrices, telles Bouchra Jarrar, Stéphanie Coudert ou encore Svetlana Kushnerova, leurs présentations ont plutôt pris le chemin d’une collection sophistiquée certes, mais aux allures d’un « Prêt-a-porter Couture » par excellence.

 Julien Fournié - Alexandre Vauthier - Giambattista Valli - Stéphanie Coudert  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Julien Fournié – Alexandre Vauthier – Giambattista Valli – Stéphanie Coudert – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

Il est aussi important de noter le progrès dans l’utilisation de nouvelles matières et de techniques de réalisation. Chanel, par exemple, a fabriqué ses corsets et ses cols en utilisant, entre autres, le béton, et en plastifiant ses dentelles. Pour leurs réalisations, Viktor & Rolf se sont servi uniquement de… moquette rouge, en y intégrant tout de même des prints animaliers. Ils ont passé un partenariat avec le fabricant mondial de moquettes Desso pour créer une collection totalement loufoque à la construction vestimentaire primitive et avec une référence surréaliste à la fourrure.

Julien Fournié a choisi de chausser ses muses de souliers conçus en 3D. Les créateurs de la marque On Aura Tout Vu ont présenté quelques pièces issus d’expérimentations, comme les masques de plongé entièrement ornés de cristaux Swarovski. Bouchra Jarrar a intégré dans ses tweeds un fil métallique, et dans ses cuirs – du lurex. Tout comme l’Atelier Versace, qui lui, a joué avec des empiècements en cristaux dans ses fourrures.

Chanel - Viktor & Rolf - On Aura Tout Vu - Atelier Varsace  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Chanel – Viktor & Rolf – On Aura Tout Vu – Atelier Versace – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

À côté du désir de nouveauté, dans bien des collections, on a pu ressentir une sorte de nostalgie créative récurante. La Maison Martin Margiela (MMM) est retournée aux sources de sa création, faisant ressurgir ses fameux masques en dentelle, guipure et résille, pour couvrir les visages de ses mannequins. Elle a aussi revisité quelques unes de ses pièces cultes : robes asymétriques et blouses fleuries par exemple. Le libanais Georges Chakra s’est inspiré des silhouettes hollywoodiennes des années 1950 en les faisant briller de tous feux par le biais d’un travail de paillettes incrustées, brodées, sur des matières luxueuses comme la fourrure, la dentelle, l’organza irisé, le gazar, le tulle parsemé de fleurs… La cape en velours chatoyant et la traine à volants ont fait leur grand retour lors de sa présentation. Il n’a pas été le seul à jouir de cette inspiration, puisque les modèles sur podium de Giambattista Valli ont été un véritable plongeon dans le « new look » des 50’s.

Giambattista Valli - Maison Martin Margiela (MMM) - Georges Chakra  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Giambattista Valli – Maison Martin Margiela (MMM) – Georges Chakra – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

En réalisant la nouvelle collection pour Christian Dior, Raf Simons s’est également imprégné du passé pour mieux comprendre, selon lui, l’esthétique actuelle. Les éléments des silhouettes du XVIIIème siècle apparaissent dans approximativement chaque modèle de la collection : corsets, paniers, faux-culs et autres détails vestimentaires de l’époque. Le créateur belge Serkan Cura, il a, lui, créée toute sa nouvelle collection autour du corset, rendu culte par Gaultier, et d’un travail exceptionnel sur la plume. Chacune des tenues présentées – robe logue, mini robe, body, tailleur pantalon – était corsetée et emplumée.

L’époque des eighties et nineties a été réinterprétée – avec beaucoup de talent, d’ailleurs – par un jeune créateur franco-américain, Alexandre Delima, qui a conçu sa collection autour des tendances de cette époque : accessoires imprimés léopard, ceintures larges aux finitions dorées, taille très haute et ajustéeAlexis Mabille a également puisé son inspiration dans le passé. Son héroïne est une femme de l’époque victorienne, habillée de dentelle et de jupes amples à volants. La soundtrack de son défilé ne nous a laissé aucun doute quand à son caractère nostalgique : un morceau psychédélique, venu directement des années 60 pour signifier le renouveau créatif des sixties qui rehausse sa vision actuelle de l’habit victorien et le place dans une modernité toute en nostalgie…

Christian Dior - Serkan Cura - Alexis Mabille  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Christian Dior – Serkan Cura – Alexis Mabille – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

Parmi les couleurs qui dominaient les podiums, dans l’ordre hiérarchique, il y a eu le noir, le rouge-sang (normal chez les vampires !) et le blanc, avec des touches de jaune citron ci et là – sacs et robes chez Christian Dior, veste en fourrure et pantalon chez Alexandre Vauthier, chemisier chez Julien Fournié… L’une des pièces qui pourrait très bien refléter les tons de couleurs des collections présentées lors de cette Fashion week, serait la robe en velours noir de Schiaparelli, ornée d’un cœur écarlate et de flèches blanches brodés. Le noir a tout de même été le grand gagnant à l’Atelier Versace avec ses tenues ultra-sexy, chez Jean Paul Gaultier pour mieux vêtir ses femmes vampires, chez Julien Fournié, savamment combiné avec des couleurs franches ou encore chez Eymeric François avec des robes longues parées de larges ceintures.

Atelier Vaersace - Schiaparelli - Julien Fournié  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Atelier Vaersace – Schiaparelli – Julien Fournié – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

Chez la créatrice russe Ulyana Sergeenko, les silhouettes noires étaient mises en valeur par le biais d’empiècements en cuir vinyle et de prints N&B très géométriques, à la Kazimir Malevitch, ce qui correspondait parfaitement au thème même de son défilé, inspiré par l’avant-gardisme soviétique. La collection de Viktor & Rolf était une ode à la couleur rouge : tous les modèles sans exception étaient réalisés dans les tons du tapis rouge qu’était leur podium. Loin des conventions (ce qui fait leur charme), le duo néerlandais a mis sa note d’humour dans l’ordre si bien établi de la Haute Couture parisienne. Le mélange du rouge et du noir a trouvé son reflet dans les collections d’Armani Privé (hauts rouges avec bas noirs, gros pois écarlates sur manteau noir transparent, bracelets bicolores rouge et noir…) mais aussi de Jean Paul Gaultier (veste à capuche en tissus lurex avec un joli dégradé de rouge-noir, plus sac dans les mêmes tons) et de Stéphane Rolland (robe longue ultra féminine). Chez Georges Hobeika la couleur se décline sur des robes parées de broderies aux motifs floraux.

Ulyana Sergeenko - Armani Privé - Stéphane Rolland -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Ulyana Sergeenko – Armani Privé – Stéphane Rolland – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

Valentino - Chanel - On Aura Tout Vu -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Valentino – Chanel – On Aura Tout Vu – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

Le blanc n’était pas en reste non plus. Dans sa version pure avec Valentino, brodé or chez Chanel, paré de fleurs chez Alexis Mabille et Georges Chakra et même en transparence, jouant avec les tons de lumière comme avec des gouttes d’eau, chez le duo de On Aura Tout Vu (Livia Stoianova & Yassen Samouilov) qui ont intitulé leur collection H2O.

En ce qui concerne la coupe, elle a été marquée par une échancrure profonde en V allant jusqu’à la taille. En décolleté chez Rami Al Ali, Julien Fournié, Eymeric François, en dos nus chez Elie Saab, Ulyana Sergeenko, Alexis Mabille

Elie Saab - Rami Al Ali - Eymeric François - Julien Fournié  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Elie Saab – Rami Al Ali – Eymeric François – Julien Fournié – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

La majorité des silhouettes avaient la taille haute bien soulignée, comme chez Jean Paul Gaultier et Didit Hediprasetyo avec des jupes et des pantalons, dans la collection d’Ulyana Sergeenko à travers les jupes et les robes ou bien celle d’Alexis Mabille qui a préféré le short.

Ulyana Sergeenko - Didit Hediprasetyo - Alexis Mabille  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Ulyana Sergeenko – Didit Hediprasetyo – Alexis Mabille – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

Enfin, la pièce revenue en force sur les podiums, est la redingote, portée sur un short au dessus du genoux assorti chez Chanel, sur un pantalon noir chez Christian Dior, ou encore au col surdimensionné chez Jean Paul Gaultier. Comme déjà dit un peu plus haut, Georges Chakra a dépoussiéré la traine avec ou sans volants ainsi que la cape, proposant cette dernière dans des formats longs, courts, asymétriques et la façonnant en velours et crêpe de soie noir tressée, rebrodée ou ornée de fleurs de paillettes pour accompagner ses robes longues ou courtes à bustier.

Christian Dior - Jean Paul Gaultier - Chanel  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

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Ira de Puiff & Indigo


NOS COUPS DE COEUR BORN IN   °_*  🙂  *_°

Concept & Thématique

Indigo : SOS – « Save Our Souls » était le titre de la collection d’Oscar Carvallo. Dans le contexte actuel de conflits qui ne cessent de se multiplier autour de cette petite bulle bleu qu’est notre habitat, avec la Syrie, le Moyen Orient, l’Ukraine… cela ne peut être qu’un appel à l’espoir à travers cet art qu’est la mode, afin que l’on prenne conscience que le droit à la différence, à la liberté de penser, n’est jamais aussi fragile que quand la guerre fait rage, et ce, même si c’est à des kilomètres de chez nous. La madone d’Oscar, immaculée et auréolée d’une tiare de balles de fusils mitrailleurs, serait le symbole de notre rédemption…

Ira : Le court-métrage de Stéphane Rolland, « L’Echappée », qui m’a émue. L’after qui a suivi la projection nous a permis de faire un coucou à Stéphane et voir de plus près chacune de ses silhouettes exposées. Mais aussi le show d’Ulyana Sergeenko qui a choisi pour sa collection le thème de l’avant-gardisme soviétique, sujet qui m’est proche (et oui je suis aussi Russe et Maïakovski, Malevitch – j’adore !) Le « white swan » au fond de podium complétait le tableau.

Julien : La collection de Julien Fournié, « Première Pulsion », pour laquelle il a choisi une atmosphère quasi religieuse au sein de l’Oratoire du Louvre. Cette mise en scène était une invitation au rêve en revisitant les classiques littéraires romanesques – jusqu’à en avoir la chair de poule !

Ambiance de la collection

Indigo : Le retour sur les podiums de Fred Sathal dans un big bang de couleurs. L’effervescence dans les coulisses, le naturel, la simplicité et le talent d’une artiste dont le vêtement n’est qu’un support pour exprimer plus que de la mode…

Ira : Celle du défilé de Jean Paul Gaultier. Un brin nostalgique, c’était un parfait équilibre entre le présent (Conchita Wurst) et le passé (banana-pants + le mix des hits des 90’s – Grace Jones, Eurythmics & Depeche Mode). Tout était à sa place, même la barbe de Conchita 🙂

Julien : La présentation de la première collection d’Alexandre Delima. De la séduction encore de la séduction. J’ai également apprécié l’attention portée envers le public, chose qui se perd de nos jours.

Le « Look ! »

Schiaparelli - Ulyana Sergeenko - Oscar Carvallo  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Schiaparelli – Ulyana Sergeenko – Oscar Carvallo – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

Indigo : Ce n’est pas un mais les looks de la collection Schiaparelli par Marco Zanini. Cette collection m’a donné l’impression de tomber dans le terrier du Lapin Blanc, mais d’être aussi emporté par une tornade me recrachant dans un mix du « Magicien d’Oz » et d’« Alice au pays des merveilles ». De quoi rendre visite à la grosse Chenille bleu en compagnie de Dorothy, Alice, le Chapelier fou, le Bûcheron de fer blanc, la Reine de cœur et même la méchante sorcière d’Oz avec ses singes volants, histoire de se faire une soirée gala sous acide. Une présentation de silhouettes disjonctée, récréative, mais avec un beau choix de matières nobles. Une collection pour les femmes sures de leur séduction et dont le mot d’ordre est : « Oser ! »

Ira : Une des silhouettes d’Ulyana Sergeenkopantalon en satin bleu roi taille haute assorti d’un pull aux motifs géométriques blancs-bleus-rouges-jaunes, et, pour finir, les lunettes de soleil rondes. Osé, contrasté, mais très harmonieux.

Julien : La seconde bride d’Oscar Carvallo, qui nous a montré une autre facette de sa créativité et une certaine sensibilité au travail du grand Paco Rabanne. Je retiendrai également l’utilisation des bandes fluorescentes apportant une touche contemporaine à la couture.

Une pièce à part

Indigo : Les manteaux oversize en cuir, pour Homme et Femme, et leur coupe, de la collection androgyne Rad Hourani.

Ira : Le chemisier jaune citron de Julien Fournié avec son col haut – avec ou sans collier (je préfère avec !) Aucune idée si ça m’irait, mais ça me plaît…

Julien : Le manteau blanc de Fred Sathal. Pour un air de glamour et de mystère dont devrait se parer toute femme… et homme cet hiver. De quoi se blottir dans la douceur d’une fourrure !

Détail qui tue et que BORN IN adore   *_*

Alexandre Vauthier - Fred Sathal - Georges Chackra  -  Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015  -  All Rights Reserved

Alexandre Vauthier – Fred Sathal – Georges Chakra – Haute Couture Paris Fall Winter 2014/2015 – All Rights Reserved

Indigo : La bande de satin noir, ornée d’un carré de perles brodées, qui relie le pan avant et arrière de la robe très sexy, au dos nu, d’Alexandre Vauthier.

Ira : Le pantacourt brodé de Chanel + les tongs aux rubans hyper luxe… pas vraiment pour la plage mais je ne dirai pas non ! Aussi la broderie autour de l’imprimé Rolling Stones sur la tunique Fred Sathal + l’ajour stylisé sur ses pulls.

Julien : Les fleurs de Georges Chakra, influant un sentiment de féminité, une référence au classique du romantisme. Qui n’a jamais apprécié cueillir des fleurs !

PS : Comme vous l’aurez remarqué, Ira a eu beaucoup de mal à choisir … Nous l’avons laissé faire, lui donnant le privilège d’être la fille de la bande !  °_*


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