Johnny be Good !

borninfashion-john-galliano-canal+

Post By RelatedRelated Post

Par   – Ira de Puiff & Indigo –


Out la petite moustache fine stylée, out aussi ses tenues excentriques qui nous donnaient envie à nous aussi de nous glisser dedans. À le voir sur un plateau télé en costume classique et si penaud, on s’est demandé si c’était bien John Galliano derrière l’écran.

Quatre ans après l’incident au Café la Perle à Paris et le scandale qui a suivi, lui coûtant son poste de DA chez Dior et sa réputation sur la scène Mode, John Galliano refait ses excuses publiques, cette fois dans le Supplément de Canal +, devant Maïtena Biraben qui ne lui fait pas de cadeau.

Il revient sur ses mots jugés impardonnables, alors qu’il était en plein black out. Il revient aussi sur sa maladie, l’alcoolisme et ses addictions, son long chemin vers la sobriété et la rédemption suite à cet incident.

On se souvient tous des conséquences : son licenciement de la Maison Dior et la mise sur la liste noire des indésirables de la Planète Mode. Le secteur lui a tout simplement tourné le dos.

C’était le sujet à éviter dans le milieu, sinon à aborder avec des pincettes. En parler en privé c’était possible, on lui reconnaissait son talent, sa gentillesse, on le trouvait adorable mais hors de question de se risquer à le dire publiquement. Dès qu’il s’agissait de John Galliano, beaucoup détournaient le regard… un malaise flânait. Et pas seulement dans le microcosme mode. Et pas non plus qu’à l’époque des faits. Il n’y a pas si longtemps, un des éditeurs parisiens nous a gentiment demandé sans détour d’ôter toute référence à Galliano afin que notre livre soit publié. « Le Roman de la Mode » oui, mais sans Galliano, please ! C’était la condition.

Bon, soyons clairs. Il a déraillé, il a été condamné, il a payé. Il s’est repenti publiquement. So, what else ? N’est-ce pas une raison de tourner la page et avancer ? Sensiblement, non ! Ses excuses sur les pages de Vanity Fair n’étant pas suffisantes, il a fallu qu’il remonte sur le pilori… euh, sur le plateau de Canal +, devant une journaliste mal à l’aise au discours sec. Leur échange ne laisse aucun doute par ailleurs : Galliano ne doit pas se bercer d’illusions, il est loin d’être pardonné. Il peut dire ce qu’il veut, même sa petite tentative pour détendre un tant soit peu l’atmosphère fait chou blanc, il est vite rappelé à l’ordre, il n’est pas là pour faire le clown (soit dit en passant, John a raison, son chapeau n’était pas l’un de ses meilleurs !)

Seulement voilà, jusqu’où devra aller son autoflagellation ? On s’accordera à dire que le talent, le génie ne permettent pas tout. Le pardon est une question de temps, un long chemin reste à faire et peu importe qu’au moment des faits il n’ait pas eu tout son esprit.

À moins que ce ne soit là les prémisses de l’annonce d’un grand retour… ayant d’ores et déjà signé avec une grande Maison Française et que ces excuses réitérées à la télévision ne soient l’un des premiers pas, tel un PR-step prévu par un plus large plan de com ? Ce serait là plutôt astucieux.

Quoi qu’il en soit, son imagination débordante, son talent, sa folie créative demeurent comme un écho qui ne s’éteint pas et ne cesse de se répercuter… tout cela ne cesse de manquer à la mode.


Share Button

Leave a Comment