PAP PRINTEMPS ETE 2015 – Corrie Nielsen : The Single Girl

CORRIE NIELSEN - PFW Ready to Wear 2015 - "The Single Girl" - ©MSW

Post By RelatedRelated Post

°_*  Ira de Puiff & Indigo  *_°


« Comme références féminines, j’ai pensé à Jane Birkin, Brigitte Bardot… aussi à Tina Turner que j’adore ! Tout ces gens ont marqué l’histoire. Non seulement à travers leur œuvre mais tout simplement par ce qu’ils dégageaient, par ce qu’ils représentaient… C’était une forme de philosophie, une certaine attitude. On ne les oublie pas, ils restent ancrés dans l’histoire. »

Elle nous parlait de cette collection avec grâce, comme quelque chose que l’on porte en soi, que l’on met au monde et que l’on chérit tel un enfant. La nouvelle collection prêt-à-porter de Corrie Nielsen pour le printemps été 2015 est peu habituelle mais exactement celle qu’elle souhaitait réaliser depuis un certain temps. Elle aborde l’histoire d’une femme tout droit sortie des années soixante. « À cette époque il se passait plein de choses, tout était plus ou moins en ébullition, explique Corrie. On assistait à la naissance des mouvements qui nous ont emmené là où l’on est aujourd’hui. Les gens s’exprimaient davantage à travers le vêtement. Ils essayaient de créer leur propre style. » La créatrice s’est plongée dans les sixties et ses réalités, empruntant le nom du mouvement « The Single Girl » qui est devenu celui de sa collection.

« Comme références féminines, j’ai pensé à Jane Birkin, Brigitte Bardot… aussi à Tina Turner que j’adore ! Tout ces gens ont marqué l’histoire. Non seulement à travers leur œuvre mais tout simplement par ce qu’ils dégageaient, par ce qu’ils représentaient… C’était une forme de philosophie, une certaine attitude. On ne les oublie pas, ils restent ancrés dans l’histoire. »

Pour Corrie, cette collection a été marquée par un tragique événement : la perte de sa mère. C’est donc aussi un peu une sorte d’hommage qu’elle lui rend par le biais de sa présentation.

« Pour incarner mon héroïne, j’ai choisi la photo de ma mère qui date de 1968, car elle représentait vraiment cette « Single Girl » qui m’a tant inspirée… J’ai tenu à ce que ce cliché soit mis sur le carton d’invitation » explique-t-elle.

Chacune des collections de Corrie Nielsen est un peu une histoire personnelle. L’histoire de sa famille aux racines métissées : écossaises, irlandaises, anglaises, danoises, mais aussi indiennes… « J’ai toujours eu envie d’aller vers mes ancêtres, de fouiller dans les archives familiales, de ressusciter cette partie de mon histoire. »

Elle pense ne pas être seule à fouiller dans le passée pour mieux le projeter dans ses collections. « Vivienne Westwood, John Galliano, Alexander McQueen avaient cette même démarche. Il n’est là pas question de s’attacher au passé, pas du tout. Comprendre nos racines nous permet de mieux nous connaître et d’affirmer notre identité ».

Pour sa création, Corrie s’inspire d’avantage de la culture populaire, des œuvres d’arts, de faits qui l’intéressent ou de simples histoires de vie, que du travail de ses confrères :

« Par exemple, l’histoire d’un couple qui s’est rencontré dans les années cinquante et qui est toujours ensemble, toujours amoureux, soixante ans après – quoi de plus inspirant ? »

CORRIE NIELSEN - PFW Ready to Wear Spring Summer 2015 - "The Single Girl" - ©Anita Leung

CORRIE NIELSEN – PFW Ready to Wear Spring Summer 2015 – « The Single Girl » – ©Anita Leung

Cette seconde présentation parisienne de Corrie Nielsen, qui s’est déroulée au Salon du Louvre durant la première journée des défilés Prêt-à-porter, est dédiée à la femme des années 60, une femme forte, active et indépendante. Une femme qui garde pourtant sa fragilité d’adolescente, sa fraîcheur, sa spontanéité, mais qui a réussi à influencer le monde qu’on connaît aujourd’hui. C’est un flash back revisité, réinventé pour mieux le plonger dans le futur du 21éme siècle vu et rêvé de cette époque. Les couleurs doré pale, blanc cassé, beige, gris perle, un peu de noir et de marron bronze se fondent dans des coupes inédites et audacieuses. Comme cette jupe tulipe en fil japonais, par exemple, qui est tout sauf classique, dont la forme est accentuée à l’aide de « pippings », sortes de gaines boudinées qui en forment l’armature. Ces fameux « pippings » d’ailleurs, sont présents sur une bonne partie des modèles. Il en va de même avec ce dos-capuche qui orne la majorité des robes et des vestes, y compris la robe de mariée ! Via ce détail, Corrie Nielsen joue avec la silhouette tout en restant dans le portable.

Sur les pièces en satin, coton et soie, mais aussi en mohair, la créatrice de mode utilise des empiècements en plastique. Les paillettes brodées et le lurex se font discrets, les matières irisées sont mises à l’honneur. Côté diversité des coupes, nous sommes également gâtés : Corrie nous propose des robes droites et en trapèze, des ensembles veste-jupes, des jupes crayon au dessous du genou, ainsi que des jupes ballon et des jupes tulipe sans oublier les capris. Le tout stylisé dans l’esprit des années 60 avant-gardiste. Les mules transparentes complètent les silhouettes en ajoutant aux looks la touche futuriste. On n’a aucun mal à imaginer les mannequins mués en hôtesses sexy chic déambulant sous les valses de Strauss dans le film « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick dont sa sortie date aussi de 1968. Une belle collection rétro-futuriste qui aurait fait le bonheur de Jane Fonda dans « Barbarella » par Roger Vadim ou bien de Farrah Fauwcett et Jenny Agutter dans « L’Âge de Cristal » de Michael Anderson.

« Je ne voulais pas ressembler à ces créateurs qui après avoir atteint un certain niveau commencent à se reposer sur leurs acquis et, par conséquent, à niveler vers le bas. J’ai peur de me perdre dans toute cette multitude de marques qui défilent. C’est pour ça j’ai décidé de montrer quelque chose de spécial. Pour que les gens s’en souviennent… » nous commente Corrie. La preuve : des journalistes londoniens sont venus la voir après le show, la félicitant également pour ses collections précédentes qu’ils avaient suivies et « adoré ». « …et ça, ça fait chaud au cœur qu’ils ne les aient pas oubliées. La mode ne doit pas être éphémère, être créée pour disparaître, non, au contraire, elle doit parler aux gens et marquer les esprits. Elle doit être intemporelle. » ajoute la créatrice.

Intemporelle, oui, telles ses héroïnes, ces femmes qui faisaient le bonheur des spectateurs sur grand écran mais aussi dans la petite lucarne de ces années là avec l’émission « Dim Dam Dom » par Daisy de Galard (journaliste de « Elle » à l’époque). L ‘émission proposait alors de courtes séquences animées par des speakerines d’un jour, des actrices, des chanteuses, des personnalités féminines en vue ou par des artistes et des intellectuels de tous bords. Ainsi on retrouvait la toute jeune Jane Birkin, Mireille Darc, Françoise hardy, Sheila ou encore Gabrielle Chanel et même Marguerite Duras. Ce programme à provoqué une révolution en douceur et apporté un souffle de liberté, une porte ouverte sur la modernité. Tout ce que Corrie Nielsen souhaitais faire apparaître via sa propre collection. Pari réussi !


Share Button

Leave a Comment